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18/07/2018

Les compagnons rouges (un billet politique)

IMG_20180707_183517.jpgTiens, les voilà les fleurs dont je parlais dans le billet d'avant. Celles que je n'avais jamais vues parce que sans doute elles ne fleurissent que début juillet et que je n'étais jamais allée à Saint Pol à cette période de l'année. Ce sont de merveilleuses fleurs des talus. (J'aime beaucoup les talus)Lychnis_rubra_Sturm19.jpg

Le début de saison

IMG_20180717_131749.jpgC'est la première fois que j'étais si tôt à Saint-Pol dans l'été. Du coup, il n'y avait personne, mais alors vraiment personne, ce qui était exquis. Non pas que ce soit un lieu très fréquenté, c'est pas la Costa Brava, (je ne sais pas pourquoi la Costa Brava me vient à l'esprit, dans ma jeunesse c'était l'exemple de l'endroit bondé, mais est-ce le cas aujourd'hui ? Enfin bon, vous voyez ce que je veux dire), mais là, vraiment, pas un chat. Seigneur, comme c'est reposant. Les journées sont comme des petits matins. D'ailleurs toute la semaine je me suis levée à 5 heures ou 6 heures, pour voir le soleil se lever sur la mer, ou plutôt, bien avant qu'il se lève, voir sa lumière rouge qui inonde la mer (ou les algues vertes ! si c'est marée basse). Quel spectacle merveilleux. Quel calme. Nous étions le Professeur et moi, avec Maman,  dans une maison de location, la même depuis trois ans. Maman se lève vers 7 h et demi/8 heures, et le Professeur un peu plus tard (ouaf). Donc j'étais seule avec la mer et le ciel et le soleil. Génial !

Je suis presque tous les jours allée à pied chercher le journal, le pain, et m'asseoir à la terrasse du café devant le parvis de la cathédrale, ça monte, et le chemin était bordé de fleurs que je n'avais jamais vues (pas celles de la photo, hein), des espèces de petites fleurs roses dont Sabine - c'est Sabine mon expert scientifique en tout !- m'a appris qu'elle s'appellent "Compagnon rouge" ! Sans doute ces fleurs ne fleurissent que début juillet. Il y en avait partout sur les talus. Un ravissement.

Les journées étaient très longues aussi, les jours raccourcissent si vite ensuite.

Vive le début de saison !

Ceci dit j'ai réservé l'an prochain deux semaines pour la mi-août. Je suis la logique.

17/07/2018

La recette du sosie d'Elie Kakou

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L'autre jour -il y a quatre ou cinq jours en fait- j'étais au rayon poissonnerie su Super U de Saint-Pol de Léon (où nous avons passé une semaine. Pas au rayon poissonnerie. Vous êtes bêtes !). Je faisais la queue en regardant les poissons. C'est un magnifique rayon poissonnerie, beau comme un catalogue de fleurs (Si vous voyez ce que je veux dire). Arrive mon tour. Et figurez-vous que le poissonnier est l'exact sosie d'Elie Kakou (que j'adore). Avec les bras complétement tatoués et un anneau doré (ou en or ?) à une oreille. Ressemblant aussi beaucoup à un corsaire.

En réalité je ne raconte pas bien. Je recommence. Je faisais la queue et quand ce fut le tour de la dame devant moi, j'ai dressé l'oreille car avec un grand enthousiasme, le gars était en train de lui  proposer une recette "parfaite par cette chaleur" (nota bene: à Saint-Pol la chaleur ne dépassait pas ce jour-là  25° - mais quand on sait que parfois l'été la température culmine à 15, et qu'il m'est arrivé de devoir acheter au même Super U des pulls parce que j'avais vraiment trop froid, en effet 25 peut tout à fait être considéré comme une sacrée canicule). En quoi consistait cette recette ? Eh bien, expliquait-il,  il s'agissait d'ajouter à une barquette en plastique transparent contenant des petits morceaux de hareng mariné ("que j'ai coupés moi-même ce matin" disait-il) une orange. "Vous aimez le salé-sucré ?" demandait-il à la cliente devant moi. Elle répondait "Oui, un peu, mais mon mari, pas trop". "Vous allez voir, il va trouver ça divin" s'avançait Elie Kakou. " Je suis espagnol, et chez moi on fait comme ça".  "Vous découpez une orange en tranches horizontales, une orange que vous avez épluchée avant, hein, vous mélangez aux morceaux de hareng, une heure au frigo, c'est très frais, vous m'en direz des nouvelles". "Bon, je tente" dit la dame. Mais elle hésitait un peu et se tournait vers moi pour chercher un encouragement. J'ai dit joyeusement "Tiens je vais faire pareil !". Ah j'adore ces petits moments de la vie. C'était mon tour, la dame avait réglé, et j'avais trop envie qu'Elie Kakou me refasse la démonstration de sa recette et de sa gaité. "Je suis espagnol" dit-il . Je savais, j'avais entendu, mais j'ai dit "ah,et depuis quand vous êtes à Saint-Pol?". "C'est loin, l'Espagne" j'ai ajouté, finaude. Mais il a fait comme s'il n'avait pas entendu ces considérations géographiques de haute volée, il s'est concentré sur la recette.

Il m'a précisé plus longuement qu'à la dame qu'il fallait bien éplucher l'orange avant. Je pense qu'il me trouvait moins fiable d'allure qu'elle. "Des tranches ni épaisses, ni fines". J'ai suggéré "Moyennes?" "Oui, moyennes, voilà". "Surtout vous mélangez bien" . J'ai dit "Ok. Et une heure au frigo ?" "Vous m'en direz des nouvelles". (Le Professeur a dit ensuite en rigolant "Il devait avoir du hareng à écouler". Vous voyez, c'est ça la marque de la ronchonnerie! J'ai fait les gros yeux au Professeur. Il a dit "Bon, d'accord")

L'histoire n'est pas finie. J'étais quand même venue chercher du saumon frais. j'ai demandé des pavés. "Tssss, tsss" m'a dit Elie Kakou."Prenez des darnes, c'est deux fois moins cher". En effet c'était 12 € le kilog au lieu de 24. Indiscutable. "Et c est moi qui les ai coupées ce matin". Il en coupe des choses le matin, je me suis dit en rigolant. Mais j'ai aussitôt trouvé que j'étais une imbécile, oui bien sûr son travail c'était cela, couper des poissons tous les matins avant que le magasin ouvre et c'était pas forcément rigolo tous les jours, et c'était normal qu'il dise ça "c'est moi qui ai coupé ce poisson que vous voyez, il n'arrive pas coupé par le miracle du Saint Esprit". Et j'ai trouvé ça beau. Bref. "Faudra prendre de l'aneth" me dit-il. Il était de plus en plus directif. Ce n'est jamais -sauf exceptions-  pour me déplaire. J'ai répondu finement "Si j'en trouve" car vous serez d'accord avec moi, trouver de l'aneth c'est pas toujours gagné. Et alors là, il m'explique de prendre de l'aneth surgelé d'une certaine marque produite dans le Finistère, dont il m'explique que la fraîcheur est totale car "l'aneth ne sort jamais des turbines". J'avoue, je n'avais jamais rapproche le mot "aneth" et le mot "turbines".

Je l'ai vivement remercié. J'oublie de vous dire pour compléter son portrait qu'il était très agité, il bougeait beaucoup, il avait l'air très nerveux, j'ai pensé qu'il pouvait couper des gens en rondelles, pas que du poisson.

La suite? Eh bien il n'y avait pas d'aneth frais. Et je n'ai pas cherché l'aneth surgelé car j'avais oublié la marque qu'il m'avait citée et je n'osais pas retourner le voir. Pas par timidité. Ni crainte de l'ennuyer. Mais par peur qu'il raconte exactement la même chose à une troisième cliente. Je sentais que ça me ferait un peu de peine. Et  c'était très probable qu'il raconte la même chose.

Donc en rentrant, j'ai tout bien fait avec application, comme il avait dit, et je peux vous dire que c'est joli, mais que 1/ ça n'a pas du tout goût d'orange (à mon avis, il faut laisser mariner une nuit et pas une heure !) et 2/ que ça n'a rien de spécialement frais !

Pas grave, c'était charmant.

Quant aux darnes, certes c'est moins cher, mais comme vous le savez, bonjour les arêtes. Qui s'étaient toutes liguées pour se rassembler dans le morceau du Professeur.

Ce fut matière à ronchonner.

NB: je viens de regarder sur internet et oui, oui, la salade de hareng à l'orange, c'est une recette connue !