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22/12/2014

Reine de Saba

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Je l'ai fait un million de fois, je peux le faire les yeux fermés, et après toutes sortes d'essais d'autres recettes de gâteau au chocolat, il est pour moi inégalé ce "Reine de Saba" que je n'appelle jamais comme ça, mais "mon -hum- gâteau au chocolat".

Vous le voyez ici datant d'hier après-midi sous la lumière électrique de la cuisine et dans son costume de Noël. J'aime les décors kitsch. Un papa une maman.

Recette pour qui voudrait:

- battre 4 jaunes d'oeufs à la fourchette avec 100 g de sucre

- faire fondre au bain-marie 200g de chocolat à cuire

- quand il est fondu, y faire fondre hors du feu un gros morceau de beurre (75g à peu près, au pif)

  et quand c'est bien mélangé, verser sur jaunes sucrés. Bien mélanger à nouveau.

- ajouter 1 grosse cuillerée de farine et 1 très grosse cuillerée  de poudre d'amande

- battre les 4 blancs d' oeufs en neige, les incorporer délicatement au mélange

- cuire dans un moule beurré saupoudré de sucre ,à four moyen entre 20 et 30 m grand max, ça dépend des fours

- ne pas trop cuire, doit rester un peu humide dedans.

 

Je retourne me coucher. Vous avez vu l'heure ?

 

21/12/2014

Le sport

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...Et donc, face au jury moqueur, j'ai séché mais alors vraiment séché sur plusieurs questions  sportives et le jury a cru que j'étais prétentieuse, que je méprisais le sport, par exemple je ne savais pas qui avait gagné le tour de France et à partir de là  j'ai perdu pied, et puis il y a eu le reportage. On avait une journée pour écrire un papier sur un sujet tiré au sort et j'étais tombée sur l'ouverture toute fraîche du premier magasin Habitat en France à Montparnasse. Je devais bien sûr, ce n'était pas dit, mais il fallait le comprendre et c'était évident, ça tombait sous le sens,  interviewer le directeur, des vendeurs, des clients, mais je n'avais pas pu, j'étais terrorisée. Donc j'avais à moitié tout inventé mais sans être assez gonflée pour aller jusqu'au bout de mon invention, et voilà, j'ai été recalée. Au demeurant, j'avais trouvé cet échec complétement mérité: je n'étais pas faite pour ce métier, beaucoup trop timorée, zéro maturité, c'était bien fait pour moi. Me voilà donc à l'automne à Nanterre en fac de droit. Tout aussi terrorisée. Surtout par les graffitis dans les toilettes. En plus j'étais poursuivie par un camarade qui s'appelait Guy, il était très assidu, je le trouvais atroce, il écrivait pour moi des espèces de textes lugubres moitié érotiques moitié macabres, qui me dégoûtaient, ça me déprimait complétement. Il me collait dans tous les amphi, c'était horrible.

Au bout d'un semestre j'ai arrêté, consciente que là quand même, arrêter comme ça mes études, ça commençait à faire beaucoup pour mes parents. Ils n'avaient pas tout vu.

Combien d'années ont passé ensuite, de petits boulots multiples en déménagements successifs, d'envol à 20 ans, de chambre de bonne glaciale en studio glaçant, d'amours en larmes et de quatre cent coups effrayants ? Sept je crois.

Et me voilà après Saint-Malo, Dijon, et Rennes, à Paris. J'avais écrit à plein de librairies. Seule la Fnac m'avait répondu, je m'en souviens très bien, me donnant RV pour un "premier" entretien. Assise en face d'un petit barbu se présentant comme  responsable du recrutement, je réponds à des questions innombrables, en particulier sur la poésie. Je crois, je sais , que les entretiens de recrutement, ne se passent plus du tout comme ça. D'autant qu'avant j'avais passé des tests "psychologiques"- ça aussi ça  n'existe plus- et j'étais passée par le filtre de l'analyse graphologique (disparue aussi). Après ce premier entretien j'en avais eu un deuxième avec la responsable de la librairie qui s'appelait Isabelle S. Comme elle avait semblé intéressée par ce que je lui avais raconté sur la Comtesse de Ségur (!) je pensais que j'irais au rayon des livres d'enfants.

Trois jours après elle m'appelait, me disant ok vous commencez le 1er décembre (1980) au rayon Vie pratique. Vie pratique ? Alors ça, moi à la vie pratique alors que ne le la trouvais vraiment pas pratique, c'était pas mal ! J'avais un contrat d'un mois. J'étais très heureuse.

Le premier décembre il neigeait.

Mon chef était chauve, me semblait vieux, je pense qu'il avait trente cinq ans; j'en avais 26. Il écrasait ses cigarettes sur la moquette des réserves. Oui, les réserves avaient de la moquette. Et il fallait déjeuner avec lui à la cantine avec Pudespieds. Pudespieds était un vendeur de la vie pratique que tout le monde appelait comme ça dans  son dos. Enfin, j'ai cru au début que c'était obligatoire et pendant dix jours j'ai mangé avec Patrice (le chef) et Pudespieds. Qui sentait beaucoup des pieds mais était également très désagréable, imbu de sa personne, et appliqué à ne donner aucun renseignement, aucune aide, aucune réponse fiable, aux nouveaux qui commencaient.

(à suivre)

Des vocations

00-Rouart-Massifs-de-fleurs.jpgMassif de fleurs, Henri Rouart

 

17 ans à la Fnac ? Tu as travaillé 17 ans à la Fnac ?

Je vous raconte.

Je n'ai jamais eu de vocation. A part fleuriste, hôtesse de l'air et carmélite. Mais bon, c'était des vocations avant treize ans. Disons qu'elles n'ont pas résisté à la puberté. Donc je suis allée au lycée poussée par aucune idée précise de métier. D'ailleurs je ne me voyais pas d'avenir, je pensais tout le temps que j'allais mourir la semaine prochaine. Je me sentais en sursis permanent. Je me suis même débrouillée pour tomber follement mais follement amoureuse d'un garçon qui était en seconde quand j'étais en terminale ce qui rendait impossible, convenez-en, que j'aie mon bac sinon je ne l'aurais plus vu. Etant donné que ma première année de terminale on ne se parlait pas. Donc j'ai eu 3 en philo. Je ne me souviens pas du sujet. Seulement que ce 3 et quelques notes sans doute du même genre, m'ont fait redoubler à ma joie extrême, comme je l'escomptais bien, vraiment, sincèrement. A la rentrée suivante il était en première et moi en terminale. Je n'étais pas pressée par quoi que ce soit. En plus mon année d'avance me déculpabilisait. Enfin l'année d'avance que j'avais. Et puis mes parents n'avaient fait aucun commentaire. J'ai retrouvé donc à la rentrée Philippe B. Il est devenu psychiatre. Bon enfin ce n'est pas le sujet. Tout ça pour dire que quand l'année d'après j'ai eu mon bac, après une année de cours de philo par correspondance parce que oui quand même mes parents avaient fait ça, ils ne l'avaient pas montré mais avaient dû être consternés par ce 3 brillant, et j'ai eu 15, et toujours aucun souvenir du sujet et re -d'ailleurs je n'ai jamais tellement aimé la philo dans la vie, je crois que je n'ai pas l'intelligence de la philo, on (on masculins bien sûr) m'a souvent dit avec des airs consternés "tu es hermétique aux raisonnements"- oui un peu avant d'avoir mon bac eh bien ça m'a pris d'un coup j'ai eu envie d'être journaliste. J'aimais bien écrire et j'étais curieuse et j'aimais les journaux. Je m 'étais donc inscrite au concours d'entrée de l'Ecole de journalisme de la rue du Louvre et il me semble que j'ai passé l'écrit avant celui du bac. Les épreuves ne m'avaient pas semblé difficiles. je m'étais plutôt amusée. Et j'ai été admise à passer l'oral en septembre, j'avais passé victorieusement la première sélection, j'aurais dû sauter de joie car nous n'étions pas des tonnes dans ce cas là, mais je ne m'en suis pas rendue compte, et mes parents toujours avares de commentaires négatifs comme positifs ne m'ont pas spécialement dit "allez c'est génial bosses dur cet été et c'est à portée de ta main, c'est extra". Mais ils n'étaient pas du genre à dire "c'est génial" ni à dire "bosse", ce n'était pas le style "encourageant" ni ni le style à exercer quelque pression que ce soit. Mes parents nous foutaient la paix. Ils considéraient qu'on était responsables de nous. On voit où ça m'a menée !!!

L'été s'est passé à la campagne en charente. Je savais que l'oral serait composé de passages devant le jury sur des questions d'actualité liées à l'été et qu'il y aurait des reportages à faire. J'ai donc lu Le Monde chaque jour avec application d'un bout à l'autre, tout en demandant des éclaircissements à mes parents sur tel ou tel sujet ou en cherchant dans des livres, je me souviens que j'en avais bavé avec la guerre du Vietnam. (C'était l'été 1972, j'avais 18 ans). Mais enfin tout ça m'intéressait. Et je suis allée aux épreuves orales assez tranquillement.

J'avais oublié deux choses: 1/ Je n'avais rien révisé concernant l'actualité sportive. Je n'y avais même pas pensé. 2/ J'étais d'une timidité dévorante.

Fâcheux, fâcheux !

( à suivre bien sûr !)