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12/01/2018

Hier au musée Jacquemart André

IMG_20180111_170731 (1).jpg"La petite rêve", Gauguin

Le temps gris, très gris, le plaisir de pouvoir à nouveau bailler aux corneilles à la maison (tiens, d'où vient cette expression ?) tranquillement avec les chats, et aussi je m'en aperçois un tout nouveau blocage vis à vis des transports en commun, tout ça donc, ne m'a pas poussée à sortir beaucoup le nez de mon périmètre depuis que je suis à la retraite -dix jours. Aussi hier je me suis fait violence parce que je me suis fait peur. Je me suis vue ne bougeant plus, sauf entre la cuisine, le canapé, et chez mon amant maman. C'était quand même un peu angoissant. Bref ça m'a pris sur le coup de 3 heures, je suis partie à Paris dans l'intention d'aller faire les soldes enfin au musée Jacquemart André où je n'ai jamais mis les pieds. L'exposition en cours (titre prétentieux : "Le jardin secret des Hansen") ne semblait présenter aucun danger: Sisley, Gauguin,Matisse...etc. bon, ça mangeait pas de pain. Enfin donc m'y voilà (après avoir acheté des canelloni frais pour le dîner, parce que quand même il y a des choses importantes dans la vie). C'est au bout du boulevard Haussmann. On passe devant chez Proust, on continue, et on y est. Je savais que c'était un hôtel particulier, mais alors là, je n'imaginais pas un truc aussi immense, aussi cossu. En fait ça fait musée pour américains.

Jacquemart, c'est Nélie (oui ça s'écrit comme ça) Jacquemart, et André c'est Edouard André. Ils n'ont pas d' enfants, alors leur enfant c'est leur maison et leur collection de tableaux (explication bébête mais peut-être exacte, la vie est souvent bébête !)

Lui est banquier (sous Napoléon III dans l'armée duquel il a servi) et se fait construire un immense et somptueux hôtel particulier en haut de ce boulevard juste créé par Haussmann et qui porte son nom. Il est né dans une famille de très riches banquiers, il n'a pas eu trop besoin d'envoyer son CV partout. Et il rencontre une jeune femme peintre. Très exactement elle est portraitiste et comme il a eu envie de se faire peindre un portrait de lui, il la rencontre et l'épouse neuf ans plus tard, sans qu'on sache très bien si c'était un mariage d'amour ou un mariage....de quoi au juste? Elle peint, elle est professeur de peinture, elle vient d'un milieu très modeste. Et sa famille à lui exige qu'ils se marient sous le régime de la séparation de biens. N'empêche que lorsqu'il meurt, quatre ans après leur mariage, elle est son unique héritière. La famille lui fait un procès. Elle le gagne. Elle a arrêté de peindre, elle passe sa vie à enrichir leur extraordinaire collection, voyageant aux quatre coins du monde.

J'arrive donc hier  dans cette maison, sans savoir tout cela. Je crois même que Jacquemart André est une seule personne, qui s'appelle quelque chose comme Jacques André. La cour gravillonnée qu'il faut traverser pour entrer est plantée de somptueux palmiers en caisse. C'est vraiment une sorte de petit palais. Dans ma vie j'ai vu  quantité de châteaux, de maisons, d' hôtels particuliers mais je n'ai jamais vu d'endroit comme celui-ci: imaginez (mais vous connaissez peut-être ce lieu ?) un hall comme un hall de cinéma, ouvert de plain pied sur la cour, une hauteur de plafond démesurée, des lustres splendides, un escalier sublime, un palier ouvert sur , comme une sorte d'atrium, des salons lambrissés, un plancher extraordinaire, des rideaux de théâtre rouges, du doré, du rouge, des dimensions incroyables, je me demande si Versailles ne fait pas masure à côté.L'intérieur en tous cas de Versailles comporte des pièces bien moins imposantes. Ici tout est fastueux, et évoque des réceptions écrasantes de luxe, de bougies, de fleurs, de musique, très Second Empire.

Comme il est tard, je ne peux pas tout regarder, je ne vois pas les chambres ni le fumoir ni plein d'autres pièces, je monte voir la collection des Hansen, sujet de l'exposition temporaire (elle se termine le 22 janvier; ensuite en mars ce sera le tour de Mary Cassatt). C'est une petite exposition. Les visiteurs sont tous sur le même modèle: cossus, très cossus. Même les gardiens sont à l'unisson, on dirait des ambassadeurs. Une guide commente un tableau. Une caricature de bourgeoise du XVIème arrondissement (où nous sommes). Habillée tout en beige avec un foulard de soie dans l'encolure de son chemisier elle parle d'un peintre en disant "il a épousé une jeune fille d'une TRES bonne famille" en insistant sur le très. Puis devant une belle nature morte d' Odilon Redon : "Regaaardez cette simplicité sublime" avec la voix de Marie-Chantal. - C'est vrai que ce tableau est magnifique. Sinon, aux murs: quelques Gauguin dont cet étonnant et méconnu -en tous cas de moi- tableau que j'ai pris en photo "La petite rêve", plusieurs Sisley -faut aimer, j'aime-,Monet, quelques Berthe Morisot, des Pissaro, une "Femme se coiffant" de Degas que j'aime aussi beaucoup,un ou deux Renoir. Les Hansen sont un couple danois grosso modo contemporains des Jacquemart- André, collectionnant eux aussi les tableaux. Se connaissaient-ils? Je ne sais pas. Je ne sais pas grand chose d'ailleurs. Je vais chercher. 

Dans la boutique du musée, située à l'entrée près de la rue, là où s'achètent les billets, au prix d'ailleurs astronomique de 13 € 50 (c'est un musée privé, appartenant à l'Institut), se vendent comme partout des cartes postales, des cahiers dont la couverture reproduit un tableau, d'affreux mugs - et pourtant les trucs kitsch ne me font pas peur- ornés de reproductions grotesques de Sisley. A la caisse opèrent des jeunes filles  hautaines ayant l'air de penser qu'elles sortent de la cuisse de Jupiter. Le tout dégouline de goût de la richesse. 

Je sors déprimée. Cette construction sur le dos de ceux qui l'ont construite...Ce quartier de la paline Monceau que je n'aime pas du tout... L'heure entre chien et loup qui me démoralise toujours...Heureusement il me semble mettre moins de temps pour revenir à pied jusqu'à la gare Saint Lazare que je n'ai mis à en venir.

Pourtant je reviendrai. Je voudrais voir le salon d'hiver. Et les tableaux du musée ( j'ai vu seulement ceux de l'exposition). Je n'en ai vu aucun, or il y a parait-il des merveilles.Le clou - à mon avis- c'est le "Saint Michel terrassant le dragon" de Carpaccio. J'y retournerai !

11/01/2018

Vers Murano

IMG-20180111-WA0026 (3).jpgphoto: P.

08/01/2018

Henriette Campan (1752-1822)

IMG_20180108_204123.jpgFemme de chambre de Marie-Antoinette, - ce qui je crois signifie plutôt "dame d'honneur" que soubrette, elle parle plusieurs langues, et fonde après la révolution, soutenue par Napoléon, un pensionnat de jeunes filles qui fait autorité. Elle a écrit ses mémoires et beaucoup de lettres. C'est tout ce que je sais pour le moment ! Je commence aujourd'hui un livre sur elle ("La vie mouvementée de Madame Campan" de Geneviève Haroche-Bouzinac aux éditions Flammarion).