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30/10/2017

Tristes sires

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Ministre des affaires étrangères

rouge.jpgLe 28 décembre 1822, Chateaubriand qui est immortel (à l'Académie Française) depuis 11 ans, devient ministre des affaires étrangères.

Et quelle affaire le préoccupe ? La guerre, la guerre d'Espagne.

Il a 54 ans, il a déjà été ambassadeur à Berlin et à Londres.

Le 11 janvier 1823 donc très peu de temps après sa nomination, il écrit, martial, à Monsieur de la Garde:

"Nous ne reculerons point. Chaque jour ajoute à la nécessité où nous sommes de prendre un parti.

« Le territoire français a été violé par un corps de troupes constitutionnelles. Vous verrez les détails de cet événement dans les pièces officielles annexées à cette dépêche. Un fonctionnaire français paraît avoir trahi ses devoirs. Ce qui donne un caractère odieux à cette violation du droit des nations, sans toutefois ajouter à la gravité du délit, c’est que les troupes espagnoles constitutionnelles auraient pour ainsi dire abusé du sol français pour aller surprendre et égorger quelques paysans blessés restés dans un village espagnol qui touche à notre frontière.

« La France ainsi offensée dans ses droits, son honneur et sa générosité, sait qu’elle n’a besoin que d’elle-même pour obtenir justice ; mais, si elle ne peut jamais manquer à sa propre dignité, elle doit encore fidélité aux traités qui la lient aux puissances. Or, le délit commis sur nos frontières est prévu dans le procès-verbal du casus fœderis : 1° invasion du territoire français ; 2° tentatives faites pour ébranler la fidélité des sujets de Sa Majesté.

« Vous garderez entre vos mains les pièces que j’ai l’honneur de vous transmettre. Nous n’en sommes plus au temps des demandes en réparation. On vous promettrait ce qu’on ne pourrait tenir et l’impunité ajouterait à l’outrage. »

Voyez cette dernière phrase, ça rigole pas. A suivre...

29/10/2017

La correspondance Albert Camus- René Char (1946-1959)

IMG_20171029_181600.pngLeur amitié, leur "fraternité" comme ils disent, est impressionnante. Une amitié "comme une pierre grecque" dit René Char. Ce dernier conseille son dentiste à Camus, cherche pour lui des maisons à louer en Provence, organise des déjeuners avec Saint John Perse,s'enquiert de la santé de Francine (la seconde femme de Camus) ou Catherine (sa fille), apparait comme très protecteur vis à vis de Camus. Ces années d'après-guerre brillent d'une sorte de ferveur malgré les épreuves et les désastres traversés. Pourtant, malgré leur hauteur de vue et la beauté de cette amitié, ces pages me glacent. Je ne peux m'empêcher de les trouver insupportablement imprégnées de l'idée qu'ils ont chacun de leur "supériorité".

(Vient de paraître en folio, 7 €)