05/11/2012
Ciel en barbapapa ce soir
20:47 | Lien permanent | Commentaires (0)
Navets et chefs d'oeuvre
Aimez-vous ce tableau? Emile Friant y peint sa mère épluchant des navets. Je l'aime énormément. Je crois que Michael Haneke a peur des navets, il veut faire des chefs d'oeuvre. Je crois que c'est ça aussi qui m'a insupporté dans son film. Comme Jean Fabre tiens. Tous. Cette idée: faire un chef d'oeuvre. C'est quand même incroyable cet orgueil. Le nombre de gars qui veulent faire des chefs d'oeuvre. (Le nombre de gars aussi qui veulent être chefs. Pas les mêmes). C'est pénible.
06:30 | Lien permanent | Commentaires (7)
04/11/2012
Je suis une brute. Je n'ai pas aimé "Amour", le film de Michael Haneke.
J'ai vu à 14h "Amour", le film de Haneke. Bon, je n'ai vu aucun autre film de lui , je m'en suis toujours gardé comme de la peste, j'imagine que j'ai dû voir des extraits et en conclure que pour voir Isabelle Huppert s'enfoncer des lames de rasoir dans le sexe, merci bien. Or j'ai toujours fait confiance à ma mauvaise foi. Et puis voilà "Amour" et j'entends les cris: "Chef-d'oeuvre! chef d'oeuvre!" Alors comme je suis autant badaud que de mauvaise foi, je me laisse influencer. Sans doute aussi à cause de Trintignant. Pas à cause d'"Un homme et une femme" -horreur de ce film-, mais en souvenir par exemple de "La course du lièvre à travers champs", un film de René Clément , des années 70, avec Trintignant en lièvre, qui court... à travers champs. Il courait bien avec les coudes bien serrées contre le corps. Comme un lièvre. Et puis "Ma nuit chez Maud" bien sûr, film adoré. Et puis son sourire, sa voix.
Donc d'abord je ne voulais pas voir ce film. J'avais mes raisons: une histoire apparemment pas des plus poilantes, un titre de film qui a un nom de parfum Lancôme ou Dior ou Chanel enfin bon, un titre ridicule à mon avis, une palme d'or, c'est à dire le genre de film où tout le monde se met debout et pleure et applaudit sur la croisette, et en plus un film de Haneke.. ça me rébarbativait bien.
Et puis j'y suis allée. Et je ne suis pas charmée du tout. Sauf la petite scène où Trintignant raconte un enterrement auquel il est allé. Très bien. Drôle. Mais sinon, non vraiment ça sert à rien.
Si vous voulez y aller, ne lisez pas ce que je vais écrire, je vous laisse vous faire votre opinion hein!
Donc déjà, l'embêtant c'est que c'est un film avec Isabelle Huppert. On ne la voit pas beaucoup mais on la voit quand même. Et elle est -comme toujours?- insupportable. Certes son personnage est un peu sensé l'être. Raison de plus.
Ensuite, ce qui est super énervant c'est ce truc, sans doute que c'est le truc de Haneke, vous savez "le regard clinique et froid"l. Eh bien tu parles d'un scoop, le regard clinique et froid (klinikéfroi) de Haneke nous montre que quand on a une attaque cérébrale si on reste à moitié paralysé, on ne peut plus aller aux toilettes tout seul et que quand on vieillit si on est très malade on a des couches, ouh sans blague. Moi qui croyais que quand on était très malade on courait à travers champs en bermuda et en bikini (ou en lièvre), en voilà une nouvelle.
Et en plus quand on vieillit, quand on est gravement malade, et dans une situation desespérée, on a mal, on en a assez, ce n'est pas une vie, et on ne crie pas "aïe aïe" mais "ah ah" et ces râles de douleur sont déchirants (ce que tout le monde sait sauf à n'avoir jamais été voir quiconque d'âgé et très malade dans un hôpital- pas âgé non plus d'ailleurs).
Et ce n'est pas beau à voir. Ce n'est pas moi qui le dis c'est Trintignant qui ferme la porte à clé de la chambre de sa femme pour que leur fille ne la voie pas. Ah ben merde je n'avais jamais remarqué. Avec toutes ces vieilles femmes malades en couverture des magazines féminins aussi, c'est trompeur.
Bon. J'en passe. Ah si, quand même à la fin, Trintignant en a aussi marre que nous, alors il étouffe Emmanuelle Riva qu ien a plus que sa claque elle aussi et le signifie, avec un oreiller. Il était temps. Bon. Je plaisante. Mais c'est quand même bizarre, les critiques de ce film ne parlent pas de ça. Comme si c'était la barbe.
Remarque, oui, c'est la barbe.
Bref, pour moi, voilà ce que le film dit: il s'esbaudit qu'un couple âgé puisse s'aimer et se secourir -ce qui est quand même le cas de nombre de couples âgés et dit donc le contraire de ce qu'il semble dire. Il s'émerveille (et les critiques avec) de ce qu'il pense être l'exception qu'il raconte. Il (Haneke ou le film? ) pense tellement que c'est rare qu'il a eu besoin d'ajouter des trucs bizarres, qui sont d'ailleurs les belles choses du film: le thème de l'eau qui coule et les pigeons (très belles scènes avec les pigeons. Qui s'aiment d'amour tendre. NB: décidément le pigeon est à la mode).
Ce couple âgé qui écoute Schubert dans son salon plein de livres est un couple très plausible. Mais je n'y vois pas d'amour. J'y vois l'amour passé. Mais maintenant la tendresse, la fidélité, la sagesse, la bonté, la douceur. Vous me direz que c'est comme l'amour, que c'est de l'amour. Oui! Mais jouez pas aux plus finauds avec moi!
Je croyais que dans ce film on les verrait se coucher l'un contre l'autre, je croyais qu'il lui raconterait des souvenirs d'amour d'eux et pas qu'il lui raconterait sa diphtérie quand il avait 10 ans, je croyais qu'il lui apporterait des fleurs (il l'en couvre...quand elle est morte), je croyais...je ne sais pas ce que je croyais.
En tout cas, merci d'avance de ne pas me chanter le pont d'avignon quand j'aurai un AVC. Merci de m'envoyer à l'hôpital. Merci de ne pas me remonter ma culotte. Merci!
Ah et deux trucs invraisemblables qui m'ont fait rire: les octogénaires ne mangent pas le soir des bons beefsteack saignants et ne lisent pas leur horoscope dans Elle.
18:42 | Lien permanent | Commentaires (8)