06/05/2015
"Mensonge romantique et vérité romanesque"
le petit pan de mur rose (ce qu'on voyait par la fenêtre de la cuisine)
Nous avions RV à midi avec lui au pied des Twin, ces tours jumelles construites au milieu du boulevard Zerktouni en 1998, -30 ans après mon départ -affreuses peut-être mais bien utiles pour se repérer, on les voit de loin. Mon compagnon de voyage et d'amour le connaissait, pas moi. Je le voyais pour la première fois. Même si j'avais entendu parler de lui.
Il est arrivé avec un livre en cadeau, "Mensonge romantique et vérité romanesque" de René Girard. J'étais charmée. ça m'a rappelé Fred, venu jadis avec Ronsard. On est allé manger dans un petit snack. Il s'appelle Mohamed, il a 32 ou 33 ans, il travaille dans une banque, il a une petite fille de 6 mois, il est charmant, intelligent, fin, il réagit au quart de tour, il dit de façon délicieuse "je suis de plus en plus à droite", il est drôle, et il est au courant de tous les potins. Ce que j'adore. C'est rarissime dans l'espèce masculine. Je lui ai fait passer un examen de potins. Eh bien, le croirez-vous, il était au courant pour Edouard Baer et Sandrine Kiberlain.
Sinon on a parlé d'Hervé Vilar, de Freud, et de George Sand.
Dommage qu'il n'ait pas été invité au mariage. On se serait moins ennuyés.
19:39 | Lien permanent | Commentaires (6)
05/05/2015
Le Mont Saint Michel
la mosquée Hassan II construite sur la mer, dimanche 26 avril
Ce lieu est beau comme le Mont Saint Michel. Ce fut le plus beau moment de la semaine. Le seul où le ciel n'a pas été bleu. Devant sur l'esplanade immense: une foule éparse (oui, la foule peut tout à fait être éparse !!) de marocains, jeunes, simples, entre amis, en couple, beaucoup de très jeunes couples, beaucoup de très jeunes parents avec de très jeunes enfants. A droite il y a des remblais avec des rochers où certains sont assis et regardent la mer. Le vent pousse les gros nuages noirs en direction de la ville qui est derrière. Dieu est là qui regarde avec tendresse ces humains. Il les préfère à la mosquée. Mais il pardonne aussi à Hassan II ses rêves de grandeur, cette folie sublime mais qui a fait raser la vieille médina, et racketté les casablancais. Toutes les mosquées et les cathédrales du monde, qui ne justifient pas un seul des accidents du travail qu'elles ont provoqué. Il n'y a pas un seul touriste.Ce qui ne sera pas le cas le lendemain matin quand nous y retournerons pour la visiter. Les jeunes marocains auront disparu. Le ciel sera parfaitement bleu et un peu ennuyeux. Mais là c'est dimanche après-midi et un moment de grâce . L'esplanade ressemble à celle de La Défense que j'ai toujours beaucoup aimée. Je n'aime pas les ruelles. Des petits enfants qui viennent juste d'apprendre à marcher courent, rattrapés par leurs parents. Le féroce Hassan II ne voit pas ça, il est mort lui qui a fait mourir tant de gens. La mosquée construite par Bouyghe en 1993 a un toit ouvrant et un sol chauffant. Le lendemain en entrant dedans, nous verrons ses lustres de Murano, ses dimensions folles (25 fois Notre Dame), toute cette prouesse dérisoire, orgueilleuse et angoissante.
21:37 | Lien permanent | Commentaires (4)
Ne t'en va pas, nuage marocain...
Je suis sur mon nuage de Casablanca. J'espère qu'il va rester longtemps. Je flotte dans un état de mer, de vent, de vert, de blanc, de lumière, de fleurs, de poussière et de menthe. J'y suis encore.
21:01 | Lien permanent | Commentaires (12)