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08/06/2017

A l'heure où les tilleuls n'ont jamais senti aussi bon, j'ai pris la décision

tilleul.jpgJ'ai pris la décision. Paf, comme ça. En un week-end, même pas. Je vais " faire valoir mes droits à la retraite". (Toujours adoré cette expression). Tout le monde a dit "Excellente nouvelle". Bizarre. Bizarre quand même que personne n'ait dit "Toi à la retraite ? A 17 ans ? C'est trop jeune". Tout le monde a l'air de trouver ça normal. Personne s'est récrié. Personne n'a dit "Oh ma pauvre bichette, ça doit te faire drôle, c'est pas marrant". Je suis folle ou quoi ? C'est comme si j'avais dit "Bon, je vais mourir" et que chacun s'exclame "Excellente nouvelle". Enfin bon. On est toujours seul au monde, pas vrai ? Donc voilà.J'ai décidé ça lundi. Mardi matin, mon adorable généraliste que je venais consulter pour une horrible douleur au sternum (complètement imaginaire, il va sans dire) à qui j'expliquais que si je prends ma retraite c'est à cause des trajets, n'a pas pu se retenir "Ah oui vos trajets ! Chaque fois que je vous vois, vous me parlez des trajets. Mes trajets Docteur! Mes trajets !" . J'ai fait ma cuistre, j'ai dit "C'est comme: le poumon vous-dis-je, le poumon, de Molière, les trajets vous dis-je, les trajets". Il a rigolé puis il s'est répandu joyeusement en "quelle bonne nouvelle-c'est une excellente nouvelle-sage décision- très bien- une nouvelle excellente". Je me sentais au bord de la tombe. J'ai failli dire "je voudrais vous y voir" mais j'ai pensé "pour une fois, tais-toi. Et écoute monter le fracas de la retraite...". Je l'ai entendu le lendemain, hier, chez ma gynéco: "Très bonne nouvelle" (Ils n'ont que ce mot à la bouche, ma parole). Vous allez pouvoir vous poser" . Je me suis visualisée posée sur une étagère comme une urne funéraire. C'est drôle que personne ne me demande ce que je vais faire. Je crois que c'est ce qui m'attriste. Comme si maintenant j'allais être dans un coin avant de débarrasser le plancher. Oh je sais, ai-je dit que la retraite ne me faisait pas peur, que franchement si je pouvais, je la prendrais avec plaisir etc. Mensonges! Mensonges à soi-même.Car au pied du mur, c'est quand même violent. Je serai débarrassée des trajets, oui, mais que vais-je faire de ma vie ? Hein ? Récupérer de ta fatigue me dit Louise et dans un an tu verras. Oui, peut-être ! Bon, admettons, c'est une nouvelle aventure. Je pense qu'il faut trois ou quatre mois avant que les papiers soient réglés etc. En octobre ou novembre à peu près. Allez, je vais faire ma demande aux différentes caisses auxquelles j'ai cotisé dans ma vie. Banalement en croyant que jamais ce jour n'arriverait et il est arrivé, il est là. Mais les tilleuls sont magnifiques, et le bonheur est là, caché dans leur ramure.

Commentaires

Je m'exclame comme tout le monde et sans te pousser dans la tombe, excellente nouvelle ! Et Louise a raison : te reposer dans un premier temps, puis voir ensuite ce que tu veux faire. De la politique ? Du tricot ?...

Écrit par : sabine | 08/06/2017

Je crois que c'est une décision vitale pour toi. Ces hallucinants transports qui ajoutent une demi journée de travail, au bas mot, á tes journées proprement dites, c'est totalement fou.

Je ne me fais pas de souci pour toi. Tu feras des choses, avec ton ouverture d'esprit, ta culture, je pense que les possibilités de remplir tes journées ne manqueront pas.

Personnellement, je ne me suis jamais ennuyée une minute en retraite. Après mes occupations de grand mere au début, je me suis mise à faire des enregistrements de livres pour une bibliothèque sonore, et j'adore ça. Je me promène, je lis, je jardine un peu.... tu vis tout près de Paris, il y a tant et tant de choses passionnantes à faire dans cette grande ville que la tête tourne rien que d'y penser.

Je suis contente pour toi.

Écrit par : Julie | 08/06/2017

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