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14/09/2014

Les insomnies avec Chateaubriand sont toujours délicieuses

Photo-0327.jpgA Julie qui est fâchée avec lui et dont j'espère tant un jour qu'elle aime Chateaubriand !

 

Cette nuit, au hasard quelques lignes de lui. Et comme chaque fois, il m'enchante. Il n'est JAMAIS chiant. Enfin, jamais chiant dans les Mémoires (d'Outre-Tombe). On est en 1830. Comme il est né en 1768 il n'est plus tout jeune. Il a 64 ans.

Il écrit: "...Le cercle de mes jours qui se ferme, (il a encore dix-huit ans à vivre) me ramène au point du départ: sur la route que j'ai jadis parcourue conscrit insouciant, je vais cheminer vétéran expérimenté (oh la trouvaille de cet "insouciant" et ce "vétéran, tout est dit !), cartouche de congé dans mon shako (là je regarde c'est quoi un shako? merveille des mots! eh bien c'est un chapeau militaire), chevrons du temps sur le bras (ah je me sens comme ça !), havresac rempli d'années sur le dos. Qui sait? peut-être retrouverai-je d'étape en étape (puisqu'il écrit ses mémoires) les rêveries de ma jeunesse? J'appellerai beaucoup de songes à mon secours, pour me défendre contre cette horde de vérités qui s'engendrent dans les vieux jours (oh la vache oui), comme des dragons se cachent dans les ruines ("comme des dragons se cachent dans les ruines" ! Il est dingue, je l'adore!). Il ne tiendra qu'à moi de renouer les deux bouts de mon existence (Chateaubriand n'est pas précieux, c'est aussi ce que j'aime en lui, il dit "les deux bouts"), de confondre des époques éloignées, de mêler des illusions d'âges divers..."

et quelques lignes plus loin: "..Souvent les gens à béquille prétendent étayer les monarchies croulantes" ! et  si drôle aussi  quand il parle de Lugano:  "...Au surplus j'ai beau me battre les flancs pour arriver à l'exaltation alpine des écrivains de montagne, j'y perds ma peine. Au physique cet air vierge et balsamique qui doit ranimer mes forces, raréfier mon sang, désenfumer ma tête fatiguée, me donner une faim insatiable, un repos sans rêves, ne produit point sur moi ces effets: je ne respire pas mieux, mon sang ne circule pas plus vite, ma tête n'est pas moins lourde au col de Balme qu'à Paris. J'ai autant d'appétit aux Champs Elysées qu'au Montanvers; je dors aussi bien rue Saint-Dominique qu'au Saint -Gothard (...)Le calme de la région sublunaire d'une marmotte ne se communique point à mes sens éveillés" Ah ah!

 

 

 

Commentaires

Faudra que je m'y mette un jour à la lecture de Chateaubriand (quand je serai grande!)

Écrit par : Fanfan | 14/09/2014

C'est un régal, n'attends pas d'être grande, chère Fanfan !

Écrit par : Sophie | 15/09/2014

Tu choisis merveilleusement les extraits pour nous donner envie de lire ton auteur favori. Le passage sur le non-effet du lieu de vacances sur la santé m'a bien fait rire. J'ai souvent ressenti la même chose, et je dis souvent que ma tête me suit partout, et que quand je vais mal, ce n'est pas de changer de lieu qui y fera quelque chose.

Écrit par : Julie | 15/09/2014

Eh bien ça y est, Chateaubriand t'a fait rire ! Que je suis heureuse !

Écrit par : Sophie | 15/09/2014

Oui, et c'est vraiment surprenant, c'est bien un auteur dont je n'attendais pas qu'il me fasse rire !

Écrit par : Julie | 16/09/2014

un régal !!! ainsi que les commentaires de Fanfan et Julie que je rejoins et toi aussi ma chère, toujours chère Sophie

Écrit par : jos | 18/09/2014

Les commentaires sont fermés.